Charlotte Perriand et Les Arcs
Un article d’Aurélien Antoine du magazine Alti-Mag, 31 décembre 2021
Où trouver l’empreinte de Charlotte Perriand aux Arcs ?
De 1967 à 1989, Charlotte Perriand dirigea la création des Arcs, envisageant l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement intérieur comme un tout. Elle créa aux Arcs une interprétation unique de l’art de vivre en montagne, fruit d’années de réflexions d’une passionnée de l’altitude. Arc 1600 et Arc 1800 sont les sites des Arcs où Perriand, Gaston Regairaz, Bernard Taillefer et Guy Rey Millet construiront l’âme des Arcs. C’est à ce quatuor et à Roger Godino, promoteur de la station, que les deux sites des Arcs doivent une bonne partie de leurs morphologies actuelles. Encore aujourd’hui, les cheminements, les imposants immeubles couchés, les balustrades, la séparation des flux piétons et automobiles et l’organisation des studios constituent l’héritage de Charlotte Perriand.
Charlotte Perriand, une figure de l’architecture passionnée de montagne
Architecte et designer, figure majeure de l’histoire de la modernité, Charlotte Perriand était aussi une grande passionnée de montagne. Originaire d’une famille savoyarde de par son père, elle se passionne vite pour la montagne, à laquelle elle consacre une grande partie de son temps libre. À 24 ans elle intègre l’atelier d’architecture de Le Corbusier comme responsable de l’équipement intérieur, tout en étant étudiante en architecture. Elle restera 10 ans à l’atelier. En parallèle, elle pratique l’alpinisme et le sport tout autant qu’elle fréquente les milieux culturels parisiens. Diplômée d’architecture, elle travaille dans un premier temps sur une architecture éphémère légère et préfabriquée, notamment en montagne, sur les hauteurs de Saint-Nicolas de Véroce. Dès 1935, elle présente également un projet d’hôtel de haute montagne, préfigurant sa vision de l’architecture élaborée plus tard aux Arcs. De 1946 à 1948, elle participe à l’aménagement intérieur de la station de Méribel. Elle y imagine des meubles à la fois modernes et rustiques comme la chaise de berger à 3 pieds. Pour la rémunérer, Peter Lindsay, le promoteur de Méribel, lui offrira un terrain. Elle y construira son chalet, simple, moderne, inspiré de l’architecture locale avec de grandes baies vitrées créant une continuité entre le dedans et le dehors. Elle fera également une proposition ambitieuse avec d’autres architectes pour aménager la vallée des Belleville. En dehors des Arcs, Charlotte Perriand est connue pour ses meubles, ses architectures éphémères et ses aménagements intérieurs.
Une grande personnalité pour créer une âme aux Arcs
En 1960, Robert Blanc, guide et moniteur local, convainc Roger Godino, un ingénieur originaire de Chambéry, de créer une station sur les pentes de la montagne de l’Arc. Alors qu’Avoriaz et Flaine sont construites avec des architectes reconnus (Jacques Labro et Marcel Breuer), l’idée de faire intervenir une grande figure de l’architecture émerge pour booster l’image et la commercialisation de la station. C’est Denys Pradelles, connaisseur des travaux de Charlotte Perriand en montagne, qui fera appel à elle en 1967. Elle a alors 64 ans et va se consacrer aux Arcs jusqu’à ses 86 ans.
Elle sera entourée de l’Atelier d’Architecture en Montagne, déjà mobilisé sur le projet avec Gaston Regairaz, Denys Pradelle, et Guy Rey Millet. Ils seront rejoints par Bernard Taillefer, un charpentier de Val d’Isère devenu architecte. La station ouvre en 1968 à Arc 1600 avec un seul bâtiment et 40 km de pistes.
Les Arcs aujourd’hui
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